
Deux buts. Un doublé de légende pour ses tout premiers pas en Coupe du Monde. Folarin Balogun a fait trembler les filets paraguayens avec une aisance déconcertante, lançant les États-Unis de la meilleure des façons dans leur propre tournoi. L’homme du match. L’image du soir. Et pourtant, sous les règles que Donald Trump cherche à imposer, cet attaquant n’aurait jamais eu le droit d’être américain.
Un doublé XXL pour lancer le Mondial américain
C’était la première rencontre des États-Unis au Mondial 2026, co-organisé avec le Canada et le Mexique. Face au Paraguay, Folarin Balogun a immédiatement imposé son empreinte : deux buts, une présence physique intimidante, et une technique qui rappelle ses années de formation à Arsenal. La victoire américaine a pris des airs de démonstration.
Balogun, 23 ans, né à New York mais élevé à Londres, a fait le choix de représenter les États-Unis alors qu’il était éligible pour trois sélections : l’Angleterre, le Nigeria et les USA. Un choix longtemps murmuré dans les coulisses, qui s’est révélé ce soir comme une bénédiction pour la fédération américaine.
Dans les tribunes, les drapeaux étoilés ont flotté haut. Personne ne semblait vouloir se souvenir que le héros de la soirée doit son passeport américain à une règle constitutionnelle que leur propre président cherche à abolir.
Le droit du sol, cette règle que Trump veut supprimer
Le 20 janvier 2025, à peine réélu, Donald Trump a signé un décret exécutif visant à mettre fin au droit du sol — le principe constitutionnel du 14e amendement qui accorde automatiquement la citoyenneté américaine à toute personne née sur le sol des États-Unis, quelle que soit la nationalité des parents.
Folarin Balogun est né à New York de parents nigérians non-citoyens. Il est, à la lettre de ce décret, exactement la catégorie de personnes que Trump cible. Sans le droit du sol, pas de passeport américain. Pas de sélection nationale. Pas de doublé contre le Paraguay.
Les tribunaux fédéraux ont bloqué ce décret en urgence, estimant qu’il violait le 14e amendement. Mais le débat continue — et le cas Balogun en est désormais le symbole le plus visible au niveau mondial.
Formé en Angleterre, révélé en France, choisi par l’Amérique
Né à New York, Balogun quitte les États-Unis tout jeune et grandit à Londres, où il intègre l’académie d’Arsenal. Un prêt au Stade de Reims en Ligue 1 lui ouvre les yeux : 21 buts en une saison, une révélation. Monaco le recrute ensuite, et c’est en France qu’il affine son football avant de revenir sur le devant de la scène internationale.
L’Angleterre l’a courtisé. Le Nigeria aussi. Mais Balogun a choisi les barres étoilées. Un choix qui, au regard de son entrée fracassante dans ce Mondial, semble avoir été le bon — pour lui comme pour la fédération américaine.
La Ligue 1 connaît bien ce profil d’attaquant élite. Reims avait vu avant tout le monde ce que ce garçon avait dans les pieds. Deux buts en Coupe du Monde, et le monde entier vient de comprendre pourquoi.
La France, miroir d’un débat universel
De l’autre côté de l’Atlantique, ce débat résonne différemment. La France ne pratique pas le pur droit du sol — depuis 1993, la citoyenneté n’est pas automatique à la naissance sur le territoire. Pourtant, les Bleus restent l’équipe la plus diversifiée d’Europe, fruit d’une histoire migratoire complexe.
Mbappé, Camavinga, Tchouaméni : des noms qui sonnent africain, des joueurs 100% français. La question n’est pas tant « où es-tu né ? » que « qui t’a formé, qui t’a donné une chance ? » Dans ce sens, le modèle français aboutit au même résultat que le droit du sol américain : une équipe nationale qui reflète la diversité de sa société.
Sauf que Trump, lui, ne voit pas les choses ainsi. Et le cas Balogun — star de ce Mondial joué aux États-Unis même — est peut-être le meilleur argument contre sa politique migratoire.
Prochain défi : l’Australie, à Seattle
Après cette victoire inaugurale éclatante, les États-Unis se tournent vers leur deuxième match de groupe face à l’Australie, à Seattle. Balogun sera évidemment le danger numéro un pour la défense des Socceroos.
Pour l’attaquant, ce Mondial est aussi une histoire personnelle : démontrer que la nationalité n’est pas qu’un accident de naissance, mais un choix, un engagement, une identité construite. Deux buts en un match, ça commence à ressembler à une déclaration d’appartenance.
FAQ
Qui est Folarin Balogun ?
Folarin Balogun est un attaquant américain né à New York de parents nigérians. Formé à Arsenal en Angleterre, il a explosé lors d’un prêt au Stade de Reims en Ligue 1 (21 buts en une saison) avant de rejoindre Monaco. Il a choisi de représenter les États-Unis, pays de sa naissance.
Pourquoi Balogun aurait-il pu jouer pour l’Angleterre ou le Nigeria ?
Balogun a grandi à Londres et a été formé dans le système anglais à Arsenal, le rendant éligible pour l’Angleterre. Ses parents étant nigérians, il pouvait également choisir le Nigeria. Il a finalement opté pour les États-Unis, son pays de naissance.
Qu’est-ce que le droit du sol et pourquoi Trump veut-il le supprimer ?
Le droit du sol (jus soli) est le principe constitutionnel américain du 14e amendement qui accorde automatiquement la citoyenneté à toute personne née sur le sol américain. Trump a signé un décret en janvier 2025 pour le supprimer pour les enfants de parents non-citoyens, estimant que cette règle encourage l’immigration illégale. Les tribunaux fédéraux ont bloqué la mesure.
Combien de buts Balogun a-t-il marqués face au Paraguay ?
Folarin Balogun a inscrit deux buts lors de la victoire des États-Unis face au Paraguay lors de l’ouverture du Mondial 2026, signant un doublé mémorable pour son premier match en Coupe du Monde.
Quand les États-Unis jouent-ils leur prochain match au Mondial 2026 ?
Les États-Unis affrontent l’Australie à Seattle dans leur deuxième match de la phase de groupes du Mondial 2026. Balogun sera à nouveau attendu comme le danger principal de l’attaque américaine.