
La Coupe du Monde à 64 équipes n’est plus une hypothèse farfelue. Gianni Infantino a déclaré à Blue Sport que la FIFA examinerait sérieusement le projet après le tournoi 2026, estimant que le football doit être « pour le monde entier ». Autrement dit : l’édition à 48 équipes que nous vivons actuellement ne serait qu’une étape. Pour les Bleus, habitués à un parcours déjà long, la question n’est pas anodine. Un Mondial à 64 équipes signifierait plus de matchs, un calendrier encore plus chargé, et une phase de groupes où les favoris croiseraient davantage de nations découvrant la scène mondiale.
Ce qu’Infantino a réellement dit
Interrogé par le diffuseur suisse Blue Sport, Gianni Infantino a confirmé que le passage à 64 équipes ferait l’objet d’un examen détaillé après la Coupe du Monde 2026. « Ce sont des sujets que nous examinerons après le Mondial », a-t-il expliqué, en insistant sur l’idée qu’un tournoi mondial doit être organisé « pour le monde entier ». La proposition avait été déposée l’an dernier, notamment portée par la confédération sud-américaine, et n’avait pas été enterrée.
Le président de la FIFA, en poste depuis 2016, s’appuie sur le succès du format à 48 équipes. Son raisonnement est simple : si l’élargissement de 32 à 48 a fonctionné sans dénaturer la compétition, pourquoi ne pas aller plus loin ? Reste que rien n’est acté. Aucun vote du Conseil de la FIFA n’a été programmé, et l’évaluation ne commencera qu’une fois le tournoi américain, canadien et mexicain terminé.
Ce que 64 équipes changeraient pour l’équipe de France
Pour les Bleus, un Mondial à 64 équipes rendrait la qualification quasi automatique. Avec un quota européen qui grimperait mécaniquement au-delà des 16 places actuelles, une nation du calibre de la France ne pourrait plus vraiment manquer le rendez-vous. Le vrai enjeu se déplacerait ailleurs : la gestion du calendrier et de la fatigue.
Un tournoi élargi impliquerait davantage de rencontres pour aller au bout — potentiellement huit ou neuf matchs contre sept aujourd’hui. Pour un effectif dont les cadres évoluent au Real Madrid, au PSG ou en Premier League, cela veut dire une saison encore plus longue et un risque de blessure accru. Didier Deschamps l’a souvent répété : la profondeur du groupe devient l’arme numéro un dans un format étiré.
Sur le plan sportif, la phase de groupes perdrait sans doute en intensité. Plus de nations qualifiées signifie plus d’écarts de niveau, donc davantage de matchs déséquilibrés en début de compétition — une situation que la France connaît déjà et qui pousse le sélectionneur à faire tourner.
Les critiques du format élargi
Le projet à 64 équipes est loin de faire l’unanimité. L’UEFA, par la voix d’Aleksander Ceferin, a qualifié l’idée de « mauvaise » et estimé qu’elle diluerait la valeur de la compétition et des éliminatoires. Plusieurs fédérations européennes redoutent qu’un Mondial trop large transforme la première semaine en simple formalité pour les grandes nations.
À cela s’ajoute la question logistique. Un tournoi à 64 équipes exigerait davantage de stades, de villes hôtes et de créneaux dans un calendrier international déjà saturé par la Ligue des Nations, la Coupe du Monde des clubs et les compétitions continentales. Les syndicats de joueurs alertent depuis des mois sur la charge de travail.
Quand une décision pourrait tomber
Aucune décision ne sera prise avant la fin de la Coupe du Monde 2026. Infantino a été clair : l’analyse démarrera après le tournoi. La cible évoquée pour une éventuelle mise en œuvre est l’édition 2030, qui célèbre le centenaire de la compétition et se jouera déjà sur trois continents (Espagne, Portugal, Maroc, avec des matchs d’ouverture en Amérique du Sud).
Ce symbole du centenaire est précisément l’argument des partisans du format à 64 : offrir à un maximum de nations une place à la table pour un anniversaire historique. Les opposants y voient au contraire le risque d’un tournoi ingérable. La réponse viendra d’un vote du Conseil de la FIFA, probablement en 2027.
FAQ
La Coupe du Monde passera-t-elle vraiment à 64 équipes ?
Rien n’est décidé. Gianni Infantino a seulement confirmé que le projet serait examiné en détail après la Coupe du Monde 2026. Un vote du Conseil de la FIFA sera nécessaire avant toute adoption.
À partir de quelle édition le format à 64 équipes pourrait-il s’appliquer ?
L’hypothèse la plus souvent évoquée est l’édition 2030, organisée pour le centenaire de la compétition en Espagne, au Portugal et au Maroc, avec des matchs d’ouverture en Amérique du Sud.
Quel serait l’impact sur l’équipe de France ?
La qualification deviendrait quasi automatique pour une nation du niveau des Bleus, mais le parcours vers la finale s’allongerait, avec potentiellement huit ou neuf matchs. La gestion de la fatigue et la profondeur de l’effectif deviendraient décisives.
Pourquoi l’UEFA s’oppose-t-elle à ce format ?
Aleksander Ceferin juge que 64 équipes dilueraient la valeur du Mondial et des éliminatoires, et que le calendrier international, déjà saturé, ne peut pas absorber une compétition encore plus longue.
Combien d’équipes participent à la Coupe du Monde 2026 ?
Le tournoi 2026, organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, réunit 48 équipes réparties en 12 groupes de quatre. C’est le succès de ce format élargi qu’Infantino invoque pour justifier l’étude d’un passage à 64.