Infantino dément l’affaire de la « maîtresse » et de l’indemnité versée par l’UEFA

Gianni Infantino, president of FIFA, speaking at a press conference

Gianni Infantino « dément catégoriquement ces allégations totalement fausses ». C’est la réponse transmise par un porte-parole du président de la FIFA au Daily Telegraph, qui affirme dans une enquête publiée cette semaine qu’une femme présentée comme son ancienne compagne aurait reçu une indemnité de départ de l’UEFA, à l’époque où Infantino occupait le poste de secrétaire général de l’instance européenne. De son côté, l’UEFA a publié un communiqué confirmant qu’« un paiement de départ a été effectué à la personne concernée », sans valider pour autant le récit du journal britannique. L’affaire tombe au pire moment pour un dirigeant dont l’avenir à la tête du football mondial fait déjà l’objet de vives discussions, à moins d’un an de la Coupe du Monde 2026.

Ce que révèle l’enquête du Daily Telegraph

Selon le Daily Telegraph, une femme avec qui Gianni Infantino aurait entretenu une relation aurait perçu une indemnité de départ de l’UEFA. Le journal situe les faits pendant la période où Infantino était secrétaire général de l’instance, soit entre 2009 et 2016, avant son élection à la présidence de la FIFA en février 2016. Le quotidien britannique ne présente pas ces éléments comme un détournement de fonds avéré, mais pose la question de la nature du versement et de son processus de validation interne.

La réaction du camp Infantino a été immédiate et sans nuance. Un porte-parole du président de la FIFA a indiqué au journal que celui-ci « dément fermement ces allégations catégoriquement fausses ». Aucune procédure judiciaire n’a été annoncée à ce stade, et aucune autorité n’a ouvert d’enquête publique sur ce dossier précis.

Il faut le rappeler clairement : à ce jour, il s’agit d’allégations de presse contestées par l’intéressé. Aucun tribunal, aucune instance disciplinaire de la FIFA ou de l’UEFA n’a établi de faute.

La réponse de l’UEFA : un paiement confirmé, un contexte non confirmé

L’UEFA a confirmé qu’« un paiement de départ a été effectué à la personne concernée ». C’est l’élément factuel le plus solide du dossier, et il vient de l’instance elle-même. Ce que l’UEFA ne confirme pas, en revanche, c’est le lien que le Daily Telegraph établit entre ce versement et une relation personnelle.

Cette distinction est essentielle. Une indemnité de départ est une pratique parfaitement courante dans une organisation employant plusieurs centaines de salariés : rupture conventionnelle, réorganisation de service, accord de fin de contrat. Ce qui fait débat, ce n’est pas l’existence du paiement mais le motif que lui prête l’enquête de presse, et le fait que le secrétaire général de l’époque en ait été, ou non, l’initiateur.

Pour l’instant, l’UEFA n’a pas communiqué le montant, ni la date exacte, ni le poste occupé par la personne concernée.

L’héritage de l’ère Platini plane sur le dossier

Pour le public français, cette affaire réveille immanquablement le souvenir des années Platini. Michel Platini a présidé l’UEFA de 2007 à 2015, période durant laquelle Gianni Infantino était son secrétaire général. Le Français a été écarté du football en 2015 dans le cadre de l’affaire du paiement de deux millions de francs suisses versés par Sepp Blatter, avant d’être définitivement blanchi au pénal en Suisse en 2022 aux côtés de l’ancien président de la FIFA.

L’ironie n’échappera à personne dans l’Hexagone : c’est précisément la chute de Platini qui a ouvert la voie à Infantino à la FIFA. Le Suisse d’origine italienne, alors quasi inconnu du grand public, a été élu en février 2016 face à Cheikh Salman, dans une élection organisée en urgence après l’implosion de la gouvernance du football mondial.

La leçon de la décennie 2015-2025 est claire : dans le football institutionnel, un paiement dont la justification n’est pas immédiatement documentée devient une bombe à retardement politique, même lorsque la justice finit par ne rien retenir.

Quel impact sur le football français et la Ligue 1 ?

À court terme, aucun. Ni la Fédération française de football, ni la Ligue de Football Professionnel, ni un club de Ligue 1 ne sont concernés par ces allégations. Le championnat français poursuit sa saison normalement et la préparation des Bleus pour la Coupe du Monde 2026 n’est en rien affectée sur le plan sportif.

L’enjeu est ailleurs : il est politique. La FFF dispose d’une voix au Congrès de la FIFA, comme chacune des 211 fédérations membres. Si la contestation autour d’Infantino devait s’amplifier, la position française deviendrait un sujet de couverture pour L’Équipe et l’ensemble de la presse spécialisée, d’autant que la France reste l’un des poids lourds historiques de la gouvernance européenne du football.

Les clubs de Ligue 1, eux, ont d’autres dossiers FIFA en tête : le calendrier international surchargé, l’extension de la Coupe du Monde des clubs et la répartition des revenus des compétitions internationales. Ces sujets pèsent bien plus lourd sur leur trésorerie qu’une polémique personnelle.

Infantino sous pression avant la Coupe du Monde 2026

Ces révélations arrivent alors que Gianni Infantino traverse une période de contestation sur son avenir à la tête de la FIFA. Élu en 2016 puis réélu, il pilote la transformation la plus profonde du football mondial depuis des décennies : passage à 48 équipes pour le Mondial 2026 organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, création de la Coupe du Monde des clubs élargie, et rapprochement assumé avec de nouveaux marchés et de nouveaux financeurs.

Cette stratégie lui vaut autant de soutiens que d’adversaires. Plusieurs fédérations européennes, des syndicats de joueurs et des ligues nationales critiquent ouvertement la surcharge du calendrier et la méthode de décision. Dans ce contexte, chaque polémique personnelle devient une arme dans un rapport de force institutionnel.

La FIFA n’a pas annoncé de procédure interne à ce stade. Le comité d’éthique de l’instance peut s’autosaisir, mais rien n’indique aujourd’hui qu’une telle démarche soit engagée.

FAQ

Que reproche-t-on exactement à Gianni Infantino ?

Le Daily Telegraph affirme dans une enquête qu’une femme présentée comme son ancienne compagne aurait reçu une indemnité de départ de l’UEFA, à l’époque où il était secrétaire général de l’instance. Un porte-parole d’Infantino a répondu que celui-ci « dément fermement ces allégations catégoriquement fausses ».

L’UEFA a-t-elle confirmé les faits ?

Partiellement seulement. L’UEFA a confirmé dans un communiqué qu’« un paiement de départ a été effectué à la personne concernée ». Elle n’a en revanche ni confirmé le contexte décrit par le journal, ni communiqué le montant ou la date du versement.

Quand Gianni Infantino travaillait-il à l’UEFA ?

Il a passé seize ans à l’UEFA, dont la période 2009-2016 comme secrétaire général, sous la présidence de Michel Platini puis pendant la crise de gouvernance qui a suivi. Il a été élu président de la FIFA en février 2016.

Cette affaire peut-elle perturber la Coupe du Monde 2026 ?

Rien ne l’indique sur le plan sportif. L’organisation du tournoi aux États-Unis, au Canada et au Mexique relève d’un comité opérationnel et des fédérations hôtes. L’impact éventuel serait politique, au niveau de la gouvernance de la FIFA, pas sur le déroulement de la compétition.

Une procédure judiciaire a-t-elle été ouverte ?

Aucune procédure judiciaire ni enquête d’une autorité publique n’a été annoncée sur ce dossier précis à ce jour. Il s’agit d’allégations de presse, contestées par l’intéressé, et aucune faute n’a été établie par un tribunal ou une instance disciplinaire.

By sasha

Sasha est rédacteur football et analyste de matchs pour la Coupe du monde 2026. Spécialiste des tactiques, de la forme des équipes et des marchés de paris, Sasha décrypte chaque match, les compositions probables et les cotes pour aider les lecteurs à suivre le tournoi avec un vrai avantage.

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