
La Fifa a dénoncé ce week-end un « effort concerté et continu » destiné, selon elle, à « saper » l’institution et son président Gianni Infantino. La sortie fait suite à un article du Daily Telegraph affirmant qu’une femme présentée comme l’ancienne compagne d’Infantino aurait perçu une indemnité de départ de l’UEFA, à l’époque où il en était le secrétaire général. Un porte-parole de la Fifa a répondu au journal britannique que le dirigeant « dément fermement » ces allégations, qualifiées de « catégoriquement fausses ». À dix mois d’un Mondial à 48 équipes, la guerre d’image est ouverte au sommet du football mondial.
Ce que dit exactement la Fifa
La Fifa parle d’un « effort concerté et continu » visant à déstabiliser l’organisation et son président. Le mot est fort : il ne s’agit pas, dans la bouche de l’instance, d’une simple polémique de presse, mais d’une campagne organisée. Aucun nom, aucune structure n’est cependant désignée publiquement, ce qui laisse la porte ouverte à toutes les lectures.
Sur le fond des accusations rapportées par le Daily Telegraph, la réponse est catégorique : Infantino « dément fermement » et les faits allégués sont, selon un porte-parole, « catégoriquement faux ». À ce stade, aucune autorité — ni l’UEFA, ni un régulateur, ni une juridiction — n’a confirmé l’existence de l’indemnité évoquée. Il s’agit d’allégations de presse, contestées par l’intéressé, et rien de plus.
Rappel utile pour le lecteur français : Infantino a été secrétaire général de l’UEFA de 2009 à 2016, avant de succéder à Sepp Blatter à la tête de la Fifa. C’est donc son passé nyonnais, pas son mandat actuel, qui est visé par l’article.
Un président déjà fragilisé par l’épisode Fifa Forward Enterprise
Cette séquence n’arrive pas sur un terrain vierge. Infantino a récemment présenté des excuses au sujet du projet « Fifa Forward Enterprise », signe que le climat interne était déjà tendu. Depuis, la Fifa a repris son rythme de croisière : communication offensive, calendrier chargé, aucun signe de recul du président.
C’est précisément ce contraste qui nourrit le débat. Un dirigeant qui s’excuse puis repart comme si de rien n’était donne des arguments à ceux qui réclament davantage de contre-pouvoirs. Les fédérations européennes, historiquement les plus critiques sur la gouvernance de Zurich, observent sans monter au créneau publiquement.
Faut-il y voir les prémices d’une contestation organisée avant le prochain congrès ? Rien ne permet de l’affirmer. Aucune fédération n’a, à ce jour, déposé de motion ou annoncé publiquement une candidature contre Infantino.
Quel impact pour l’équipe de France et la Ligue 1 ?
À court terme, aucun. La Coupe du Monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, se joue à 48 équipes selon un format déjà validé, et le calendrier des Bleus dans le Groupe I — Sénégal, Irak, Norvège — n’est pas affecté par une polémique de gouvernance.
À moyen terme, l’enjeu est ailleurs : c’est la Fifa qui arbitre les dossiers qui pèsent le plus lourd sur la Ligue 1 et sur les clubs français, du calendrier international à la fenêtre du Mondial des clubs, en passant par la réglementation des transferts. Un président affaibli, c’est une instance moins capable d’imposer des arbitrages face aux ligues et aux grands clubs européens.
La Fédération Française de Football n’a pas réagi publiquement à ce stade. Historiquement, la FFF a plutôt cultivé une relation de travail avec l’exécutif de la Fifa qu’une posture frontale, et rien n’indique un changement de ligne.
Pourquoi cette affaire dépasse le cas Infantino
Le football mondial n’a pas oublié 2015 : perquisitions, inculpations, chute de Blatter. Depuis, chaque affaire touchant la présidence de la Fifa est lue à travers ce prisme, à tort ou à raison. C’est le prix d’une institution qui a promis la transparence sans réussir à convaincre durablement.
La vraie question n’est donc pas de savoir si Infantino survit à cet épisode — sauf élément nouveau, il le survivra. Elle est de savoir si la Fifa se dote enfin de mécanismes permettant de traiter ce type d’allégations en interne, plutôt que par communiqués interposés dans la presse britannique.
D’ici là, l’agenda sportif reprend ses droits. Le Mondial 2026 approche, et il faudra bien que l’attention revienne sur le terrain.
FAQ
De quoi la Fifa accuse-t-elle ses détracteurs ?
La Fifa dénonce un « effort concerté et continu » visant à « saper » l’organisation et son président Gianni Infantino. Elle n’a désigné publiquement ni personne ni structure précise.
Que contient l’article du Daily Telegraph ?
Le journal affirme qu’une femme présentée comme l’ancienne compagne d’Infantino aurait reçu une indemnité de départ de l’UEFA, à l’époque où il en était le secrétaire général. Ces informations sont contestées.
Comment Infantino a-t-il réagi ?
Par la voix d’un porte-parole de la Fifa, il « dément fermement » les allégations et les qualifie de « catégoriquement fausses ». Aucune procédure officielle n’a été annoncée à ce jour.
Infantino risque-t-il de perdre son poste ?
Rien ne l’indique pour l’instant. Aucune fédération n’a déposé de motion ni annoncé de candidature contre lui, et la Fifa poursuit son activité normalement.
La Coupe du Monde 2026 peut-elle être affectée ?
Non. Le format à 48 équipes, le calendrier et les groupes — dont le Groupe I de l’équipe de France avec le Sénégal, l’Irak et la Norvège — sont validés et ne dépendent pas de cette polémique.