
Gianni Infantino est sous pression comme rarement depuis son élection en 2016. Noel Mooney, directeur général de la Fédération galloise de football (FAW), a publiquement demandé le départ du président de la Fifa, invoquant « le mal qui a été fait au football ». Une sortie d’autant plus lourde de sens que Mooney a travaillé aux côtés d’Infantino à l’UEFA, à l’époque où le Suisse en était le secrétaire général. À dix mois de la Coupe du Monde 2026, la gouvernance de l’instance mondiale redevient un sujet brûlant, y compris pour le football français.
Ce que Noel Mooney a déclaré
Noel Mooney, directeur général de la FAW, considère que Gianni Infantino doit quitter la présidence de la Fifa. « Si j’étais assis avec Gianni en ce moment, je lui dirais qu’il a fait une très belle carrière », a-t-il expliqué. « Comme secrétaire général de l’UEFA, il a fait de très bonnes choses. » Le message est clair : reconnaissance du passé, mais fin de cycle.
Mooney fonde sa demande sur « le mal qui a été fait au football », et précise que ce jugement tient même si le projet contesté a finalement été abandonné. Autrement dit, pour le dirigeant gallois, le simple fait d’avoir envisagé l’opération suffit à poser un problème de confiance.
La portée du propos vient aussi de son auteur. Mooney n’est pas un observateur extérieur : il a été cadre de l’UEFA avant de prendre la direction de la fédération galloise. Quand un dirigeant issu du sérail européen réclame publiquement une démission, le signal dépasse le simple coup de sang.
Le projet de vente de parts de la Coupe du Monde, cœur de la polémique
Le dossier qui a déclenché la fronde est la tentative de la Fifa de céder des participations dans la Coupe du Monde et d’autres compétitions à des investisseurs privés. Le projet a été abandonné, mais il a suffi à cristalliser des critiques accumulées depuis des mois sur la gouvernance de l’instance.
Pour ses détracteurs, ouvrir le capital d’une compétition qui appartient symboliquement aux 211 fédérations membres revient à transformer un patrimoine sportif commun en actif financier. C’est précisément cette ligne rouge que Mooney estime franchie.
L’abandon du plan n’a donc pas éteint le débat. Il l’a déplacé : la question n’est plus « faut-il vendre ? », mais « qui décide, et avec quel contrôle ? ».
Infantino, dix ans à la tête de la Fifa
Gianni Infantino préside la Fifa depuis 2016, arrivé après la crise qui a emporté l’ère précédente. Son mandat a été marqué par l’élargissement de la Coupe du Monde à 48 équipes, format qui s’appliquera justement pour l’édition 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Avant la Fifa, il a été secrétaire général de l’UEFA, un poste où son travail est aujourd’hui encore salué par plusieurs de ses anciens collègues — Mooney le premier, qui insiste sur ce point avant de demander son départ.
Ce paradoxe résume la situation : la contestation actuelle ne porte pas sur un bilan sportif, mais sur la méthode et sur la direction financière prise par l’institution.
Quel impact pour la France et la Ligue 1 ?
Pour le football français, l’enjeu est double. D’un côté, l’équipe de France prépare une Coupe du Monde 2026 où elle figure parmi les favorites ; de l’autre, la Fédération française de football et les clubs de Ligue 1 dépendent d’un écosystème international dont la Fifa fixe une partie des règles : calendrier, fenêtres internationales, indemnités de mise à disposition des joueurs.
La question de la charge de travail est particulièrement sensible en Ligue 1, où les clubs européens engagés voient leurs internationaux enchaîner sélections, compétitions continentales et championnat. Toute évolution du calendrier décidée à Zurich se ressent directement à Paris, Marseille ou Lille.
Enfin, la commercialisation des compétitions mondiales touche indirectement la valeur des droits et l’attractivité du produit football en France. Un débat de gouvernance à la Fifa n’est jamais un débat lointain pour un championnat exportateur de talents comme la Ligue 1.
Et maintenant ? Les scénarios possibles
À ce stade, l’appel de Noel Mooney reste la position d’une fédération, celle du pays de Galles. Rien n’indique pour l’instant qu’il se transforme en démarche collective des fédérations européennes, et aucune procédure formelle n’a été engagée.
Le calendrier joue aussi un rôle : à l’approche d’un Mondial, les instances évitent traditionnellement les crises institutionnelles ouvertes. La question est donc de savoir si d’autres dirigeants suivront publiquement, ou si le sujet sera repoussé après l’été 2026.
Pour les supporters, le point à surveiller est simple : la Fifa apportera-t-elle des garanties écrites sur la propriété et le contrôle de ses compétitions ? C’est sur ce terrain que se jouera la suite, bien plus que sur les déclarations.
FAQ
Qui est Noel Mooney ?
Noel Mooney est le directeur général de la Fédération galloise de football (FAW). Il a auparavant travaillé à l’UEFA, où il a côtoyé Gianni Infantino lorsque ce dernier en était le secrétaire général.
Pourquoi demande-t-il le départ de Gianni Infantino ?
Il invoque « le mal qui a été fait au football », notamment après la tentative de la Fifa de vendre des parts de la Coupe du Monde et d’autres compétitions à des investisseurs privés. Selon lui, le retrait du projet ne suffit pas à effacer le problème.
Le projet de vente de parts de la Coupe du Monde a-t-il été maintenu ?
Non. Le plan a été abandonné. C’est justement l’argument central de Mooney : même annulé, il aurait causé un dommage de confiance qui justifie un changement à la tête de la Fifa.
Depuis quand Gianni Infantino préside-t-il la Fifa ?
Depuis 2016. Il occupait auparavant le poste de secrétaire général de l’UEFA.
Cela peut-il perturber l’organisation de la Coupe du Monde 2026 ?
Rien n’indique à ce jour que l’organisation du tournoi soit remise en cause. Le débat porte sur la gouvernance de la Fifa et sur sa stratégie commerciale, pas sur la tenue de la compétition prévue aux États-Unis, au Canada et au Mexique.