L’UEFA prépare une action pénale contre Gianni Infantino : ce que risque le patron de la FIFA

FIFA president Gianni Infantino speaking at a press conference

L’UEFA prépare une action pénale contre Gianni Infantino. Selon des documents consultés par la BBC, l’instance européenne a déposé une demande d’accès à des preuves et à des documents en vue d’une procédure en Suisse visant personnellement le président de la FIFA, qu’elle accuse de « gestion déloyale » (criminal mismanagement). Au cœur du dossier : le projet, désormais abandonné, de céder des participations dans la Coupe du monde et d’autres compétitions de la FIFA à des investisseurs privés. C’est une escalade sans précédent entre les deux organisations les plus puissantes du football mondial, et elle ne laissera pas la Ligue 1 indifférente.

Ce que reproche exactement l’UEFA à Gianni Infantino

L’UEFA reproche à Gianni Infantino d’avoir porté un projet de vente de parts des compétitions de la FIFA — Coupe du monde comprise — à des investisseurs privés, sans que l’instance européenne estime la démarche justifiée. Les documents vus par la BBC montrent qu’une demande formelle a été déposée pour obtenir l’accès aux pièces du dossier, préalable classique en droit suisse avant d’engager une procédure. La qualification retenue par l’UEFA, la « gestion déloyale », vise en droit suisse celui qui, chargé de gérer les intérêts d’autrui, agit contre ces intérêts. Rien n’est jugé à ce stade : il s’agit d’une démarche préparatoire, et Infantino bénéficie évidemment de la présomption d’innocence. Le projet, lui, a bien été abandonné.

La FIFA a son siège à Zurich, l’UEFA à Nyon : les deux instances relèvent du même droit suisse, ce qui explique que la bataille se joue sur ce terrain judiciaire précis plutôt que devant le TAS. C’est aussi ce qui rend l’épisode aussi inhabituel : deux fédérations partenaires, qui organisent ensemble le calendrier international, s’affrontent désormais devant la justice ordinaire d’un même pays.

Ceferin contre Infantino : une rupture qui couvait depuis des mois

La relation entre Aleksander Ceferin et Gianni Infantino s’est dégradée depuis plusieurs mois, et ce dossier en est l’aboutissement. Les deux hommes se connaissent pourtant bien : Infantino a dirigé l’administration de l’UEFA avant de prendre la présidence de la FIFA en 2016, poste que Ceferin occupe depuis la même année. Leurs désaccords se sont accumulés autour du calendrier international, de la multiplication des compétitions FIFA et du partage des revenus entre clubs, ligues et sélections.

Pour le football européen, l’enjeu dépasse largement une querelle de personnes. L’UEFA défend un modèle où les compétitions de clubs — Ligue des champions, Ligue Europa — restent sous contrôle des fédérations, tandis que l’ouverture au capital privé qu’aurait envisagée la FIFA remet en cause ce principe. C’est exactement le débat qui avait déjà agité le continent au moment du projet de Super Ligue.

Pourquoi la Ligue 1 et les clubs français sont concernés

Les clubs français sont directement exposés, car toute évolution de la gouvernance des compétitions FIFA touche leur calendrier et leurs revenus. Le Paris Saint-Germain, l’Olympique de Marseille, l’AS Monaco ou l’OL alignent chaque saison des internationaux mobilisés par leurs sélections, et chaque compétition supplémentaire ajoutée par la FIFA réduit leur temps de récupération. La Ligue de football professionnel a par ailleurs traversé une crise de ses droits TV qui rend les clubs de Ligue 1 particulièrement sensibles à la question du partage des revenus internationaux.

Si le principe d’une entrée d’investisseurs privés au capital des compétitions mondiales devait un jour ressurgir, la question serait simple pour les clubs français : qui perçoit quoi ? Aujourd’hui, les clubs sont indemnisés pour la mise à disposition de leurs joueurs en sélection via des programmes négociés entre la FIFA, l’UEFA et l’Association européenne des clubs. Une privatisation partielle rebattrait ces cartes.

Quelles suites judiciaires possibles en Suisse

La procédure en est à un stade très préliminaire. La demande d’accès aux documents doit d’abord être acceptée avant que l’UEFA puisse formaliser une plainte pénale complète. Ensuite, il appartiendrait au ministère public suisse d’ouvrir — ou non — une instruction, puis d’apprécier s’il existe des charges suffisantes. Ces procédures se comptent en mois, souvent en années, et beaucoup n’aboutissent jamais à un procès.

Il faut donc distinguer deux plans. Sur le plan judiciaire, rien ne changera vite. Sur le plan politique, en revanche, l’effet est immédiat : une fédération continentale qui accuse publiquement le président de l’instance mondiale de gestion déloyale fragilise son autorité auprès des 211 fédérations affiliées, à l’approche des prochaines échéances électorales de la FIFA.

Ce qu’il faut retenir pour la suite

Trois points à surveiller dans les prochaines semaines. D’abord, la réponse officielle de la FIFA et d’Infantino lui-même, qui n’a pour l’heure pas été jugé ni mis en cause formellement par la justice. Ensuite, la position des fédérations nationales européennes, dont la Fédération française de football, qui devront choisir entre soutien à l’UEFA et neutralité. Enfin, le sort définitif du projet de vente de parts : officiellement abandonné, il pourrait revenir sous une autre forme.

Pour le supporter français, l’impact concret est encore lointain. Mais ce bras de fer déterminera qui contrôle, dans les années à venir, le calendrier, les compétitions et l’argent du football mondial — donc, in fine, le nombre de matches que joueront Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et les autres internationaux tricolores.

FAQ

De quoi l’UEFA accuse-t-elle précisément Gianni Infantino ?

L’UEFA l’accuse de « gestion déloyale » (criminal mismanagement) en lien avec le projet, désormais abandonné, de vendre des participations dans la Coupe du monde et d’autres compétitions de la FIFA à des investisseurs privés. Selon les documents consultés par la BBC, une demande d’accès aux preuves a été déposée en vue d’une procédure en Suisse.

Infantino est-il déjà poursuivi ou condamné ?

Non. À ce stade, il s’agit d’une démarche préparatoire : l’UEFA demande l’accès à des documents en vue d’une éventuelle procédure. Aucune condamnation n’a été prononcée et la présomption d’innocence s’applique pleinement.

Pourquoi la procédure se déroule-t-elle en Suisse ?

La FIFA a son siège à Zurich et l’UEFA à Nyon : les deux instances sont des associations de droit suisse. La notion de gestion déloyale invoquée par l’UEFA relève du code pénal suisse, ce qui explique le choix de cette juridiction plutôt que d’un tribunal sportif.

Le projet de vendre des parts de la Coupe du monde existe-t-il encore ?

Non, il a été abandonné. C’est justement son existence passée, et la manière dont il a été porté, que l’UEFA conteste aujourd’hui sur le terrain judiciaire.

Quel impact pour les clubs de Ligue 1 ?

Aucun impact immédiat sur le championnat. À moyen terme, l’issue de ce conflit influencera la gouvernance des compétitions internationales, le calendrier des sélections et la répartition des revenus versés aux clubs pour la mise à disposition de leurs internationaux.

By sasha

Sasha est rédacteur football et analyste de matchs pour la Coupe du monde 2026. Spécialiste des tactiques, de la forme des équipes et des marchés de paris, Sasha décrypte chaque match, les compositions probables et les cotes pour aider les lecteurs à suivre le tournoi avec un vrai avantage.

Related Post

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Pronostics IA Coupe du Monde 2026