Plus de 30 M€ de salaire : le plan secret d’Infantino pour vendre la Coupe du Monde dévoilé

FIFA president Gianni Infantino speaking at a press conference about World Cup commercial rights

Plus de 30 millions d’euros par an, primes comprises. C’est le salaire que Gianni Infantino aurait perçu si le projet FIFA Forward Enterprise avait vu le jour, selon une révélation du quotidien britannique The Times. Le principe était simple sur le papier : céder 20 % des droits commerciaux de la Coupe du Monde via une structure dédiée, pour faire entrer environ 3,65 milliards d’euros dans les caisses de la FIFA. Le plan a déclenché une vague de critiques avant d’être abandonné, mais le montant de la rémunération prévue pour le président de l’instance relance un débat que le football européen, France comprise, connaît par cœur : qui profite réellement de la marchandisation du jeu ?

Ce que révèle vraiment le rapport du Times

Le Times affirme que le contrat lié au projet FIFA Forward Enterprise prévoyait pour Gianni Infantino une rémunération supérieure à 30 millions d’euros, primes incluses. À titre de comparaison, la rémunération annuelle du président de la FIFA publiée dans les rapports financiers de l’instance se compte habituellement en millions de francs suisses, pas en dizaines de millions d’euros. L’écart d’échelle est le cœur du sujet.

Le montage reposait sur une société créée pour l’occasion, chargée de vendre 20 % des droits de la Coupe du Monde à des investisseurs extérieurs. Recette attendue : environ 3,65 milliards d’euros. Une somme colossale, mais qui revient à hypothéquer une part des revenus futurs de la compétition la plus rentable de la planète.

Il faut le rappeler clairement : ces éléments proviennent d’un rapport de presse et non d’un document officiel publié par la FIFA. Le projet aurait été enterré après une levée de boucliers interne. Tant qu’aucune confirmation officielle n’est venue de Zurich, ces chiffres restent des informations de presse, pas des faits validés par l’instance.

Pourquoi la France et la Ligue 1 ont toutes les raisons de suivre ce dossier

En France, la question des droits audiovisuels n’est pas théorique : c’est une plaie ouverte. La Ligue 1 a vécu ces dernières années plusieurs cycles chaotiques de commercialisation de ses droits TV, avec des clubs contraints de réviser leurs budgets à la baisse et des recettes très inférieures à celles de la Premier League. Voir la FIFA envisager de vendre par avance une part de son bijou, c’est observer à l’échelle mondiale exactement le mécanisme qui a fragilisé le football français.

Pour la Fédération française de football, l’enjeu est direct. Les fédérations nationales sont bénéficiaires des programmes de redistribution de la FIFA. Si une part des droits de la Coupe du Monde part vers des investisseurs privés, la question devient mécanique : que reste-t-il, à terme, pour la redistribution vers les fédérations et le développement du football amateur ?

Les clubs de Ligue 1 ont aussi leur mot à dire. Ce sont eux qui forment, paient et soignent les joueurs qui font le spectacle en juin. L’Olympique de Marseille, le Paris Saint-Germain, l’OL ou Lille libèrent leurs internationaux pour une compétition dont ils ne touchent qu’une fraction des revenus, via le mécanisme de compensation des clubs. Un projet qui aurait déplacé plusieurs milliards vers des investisseurs financiers n’aurait rien arrangé à cette équation.

Vendre 20 % de la Coupe du Monde : le vrai risque du modèle

Céder 20 % des droits d’une compétition, c’est encaisser tout de suite et renoncer ensuite. Le mécanisme est bien connu dans le football européen : des clubs ont déjà vendu des parts de leurs revenus futurs à des fonds d’investissement pour boucher un trou immédiat, et se sont retrouvés amputés de recettes pendant dix ou vingt ans.

Appliqué à la Coupe du Monde, l’effet serait démultiplié. Le Mondial 2026, avec 48 équipes et 104 matchs répartis entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, doit générer les revenus les plus élevés de l’histoire de la compétition. Vendre une part de ce flux avant même le coup d’envoi revient à céder une fraction du produit le plus précieux du football mondial au moment exact où sa valeur explose.

C’est précisément cet argument qui aurait provoqué les critiques rapportées par le Times. Une organisation qui se présente comme une association à but non lucratif au service de ses 211 fédérations membres peut difficilement justifier de transférer une partie de son actif principal à des acteurs financiers extérieurs.

Gouvernance : la FIFA face à son éternel problème de transparence

La FIFA publie chaque année des rapports financiers détaillant les rémunérations de ses dirigeants. Le problème n’est donc pas l’existence d’un salaire, mais le fait qu’une rémunération d’une telle ampleur ait pu être envisagée dans le cadre d’un projet dont les fédérations membres n’avaient, selon le Times, pas mesuré la portée.

Le sujet est d’autant plus sensible que l’ère post-2015 devait être celle de la rupture. Après le scandale qui a emporté la direction précédente, la FIFA a promis des règles de gouvernance renforcées, un comité de rémunération indépendant et une transparence accrue. Chaque révélation de ce type est mesurée à l’aune de cette promesse.

En France, plusieurs voix du football professionnel réclament depuis des années une répartition plus équitable des revenus internationaux entre l’instance mondiale, les fédérations et les clubs formateurs. Ce dossier leur donne un argument supplémentaire, sans qu’aucun changement concret ne soit pour l’instant sur la table.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines semaines

Premier point à suivre : une réaction officielle de la FIFA. Tant que l’instance n’a pas confirmé, démenti ou contextualisé les chiffres du Times, il faut manier ces informations avec prudence.

Deuxième point : la position des confédérations. L’UEFA et ses fédérations membres, dont la FFF, ont un poids réel au Congrès de la FIFA. Leur silence ou leur prise de parole en dira long sur le rapport de force interne.

Troisième point : le calendrier. À quelques mois de la Coupe du Monde 2026, la FIFA a tout intérêt à éteindre l’incendie médiatique avant que la compétition ne démarre. C’est aussi la période où l’instance est la plus exposée, et donc la plus vulnérable à ce type de révélation.

FAQ

Quel salaire Infantino aurait-il touché dans ce projet ?

Selon le quotidien britannique The Times, Gianni Infantino aurait perçu plus de 30 millions d’euros, primes comprises, dans le cadre du projet FIFA Forward Enterprise. Ce montant provient d’un rapport de presse et n’a pas été confirmé officiellement par la FIFA.

En quoi consistait le projet FIFA Forward Enterprise ?

Le projet prévoyait de céder 20 % des droits commerciaux de la Coupe du Monde via une société dédiée, pour un montant estimé à environ 3,65 milliards d’euros. Le plan aurait été abandonné après de vives critiques.

Le plan a-t-il été mis en œuvre ?

Non. D’après le rapport du Times, le projet a suscité de fortes critiques et n’a finalement pas été retenu. Aucune vente de droits de la Coupe du Monde à des investisseurs extérieurs n’a été officialisée.

Quelles conséquences pour le football français ?

Aucune conséquence directe à ce stade, puisque le projet n’a pas abouti. Mais la FFF et les clubs de Ligue 1 dépendent en partie des mécanismes de redistribution de la FIFA, ce qui rend le sujet sensible pour l’ensemble de la filière française.

Ces informations sont-elles officielles ?

Non. Il s’agit d’un rapport du Times fondé sur des documents et des sources internes. La FIFA n’a pas publié de confirmation officielle des montants évoqués, et ces chiffres doivent donc être considérés comme des révélations de presse.

By sasha

Sasha est rédacteur football et analyste de matchs pour la Coupe du monde 2026. Spécialiste des tactiques, de la forme des équipes et des marchés de paris, Sasha décrypte chaque match, les compositions probables et les cotes pour aider les lecteurs à suivre le tournoi avec un vrai avantage.

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