Coupe du Monde 2038 : la France ouvre la porte à une candidature commune avec l’Allemagne

Marina Ferrari, French Sports Minister, speaking about the 2038 World Cup bid

La France a officiellement ouvert la porte à une candidature commune avec l’Allemagne pour organiser la Coupe du Monde 2038. Invitée d’une matinale de Sud Radio ce 23 juillet, la ministre des Sports Marina Ferrari a salué l’idée révélée par Le Parisien, en rappelant que l’accueil des grands événements sportifs se trouve « au cœur » de la stratégie française pour les années à venir. Rien n’est signé, rien n’est déposé auprès de la FIFA : à ce stade, il s’agit d’une intention politique, pas d’un dossier de candidature. Mais le simple fait qu’un membre du gouvernement français réponde publiquement et favorablement change la nature du sujet.

Ce que Marina Ferrari a réellement déclaré

Marina Ferrari n’a pas annoncé une candidature : elle a accueilli favorablement l’idée. Interrogée sur Sud Radio à propos des informations du Parisien évoquant un projet franco-allemand pour 2038, la ministre des Sports a estimé que l’organisation de grandes compétitions internationales fait partie intégrante de la stratégie sportive de la France pour la décennie qui vient. La formulation est volontairement prudente, comme toujours dans les premières phases d’un dossier de cette taille.

Cette nuance est essentielle pour comprendre la suite. Une candidature à la Coupe du Monde suppose un dossier technique lourd : garanties gouvernementales, fiscalité, sécurité, transports, hébergement, stades homologués. Aucun de ces éléments n’a été rendu public. Ce que l’on sait aujourd’hui tient en une phrase : Paris ne ferme pas la porte, et laisse même entendre qu’elle pourrait l’ouvrir en grand si Berlin fait le premier pas.

Pourquoi 2038 est la première vraie fenêtre européenne

2038 est mathématiquement la prochaine édition réellement disponible pour un projet franco-allemand. La Coupe du Monde 2026 se joue aux États-Unis, au Canada et au Mexique. L’édition 2030 a été attribuée à l’Espagne, au Portugal et au Maroc, avec trois matchs d’ouverture en Uruguay, en Argentine et au Paraguay pour le centenaire. 2034 revient à l’Arabie saoudite. L’Europe ne peut donc pas raisonnablement viser avant 2038.

La France part avec un argument rare : elle a déjà tout organisé récemment. Coupe du Monde 1998, Euro 2016, Coupe du Monde féminine 2019, Coupe du Monde de rugby 2023, Jeux Olympiques de Paris 2024, et les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises. L’Allemagne, de son côté, a livré un Euro 2024 salué pour son organisation et son réseau ferroviaire. Peu de duos au monde peuvent afficher un tel enchaînement sur vingt ans.

L’atout stades : ce que la Ligue 1 apporte au dossier

Le vrai atout français, c’est un parc de stades déjà aux normes internationales, financé et exploité par les clubs de Ligue 1. Le Stade de France (plus de 80 000 places), le Vélodrome à Marseille (environ 67 000), le Groupama Stadium à Lyon (près de 60 000), le stade Pierre-Mauroy à Lille (environ 50 000), l’Allianz Riviera à Nice, le Matmut Atlantique à Bordeaux ou encore le Parc des Princes forment un maillage rare en Europe. La plupart ont été rénovés ou construits pour l’Euro 2016, ce qui limite l’investissement public nécessaire.

Pour les clubs de Ligue 1, un Mondial à domicile est un accélérateur économique évident : travaux d’accessibilité, hospitalité, naming, fréquentation post-événement. L’Euro 2016 avait laissé à Lyon et Lille des enceintes modernes qui structurent encore aujourd’hui leurs revenus au jour du match. Le dossier 2038 poserait toutefois la question du Parc des Princes, dont la propriété fait l’objet d’un bras de fer entre le Paris Saint-Germain et la Ville de Paris depuis plusieurs saisons.

La concurrence : l’Angleterre et les autres candidats potentiels

Un duo France-Allemagne ne serait pas seul sur la ligne de départ. Le Royaume-Uni et l’Irlande, qui organisent l’Euro 2028, sont régulièrement cités comme candidats naturels à un Mondial, l’Angleterre n’ayant plus accueilli l’épreuve depuis 1966. D’autres blocs, notamment en Asie et en Amérique du Sud, peuvent également se positionner selon les règles de rotation continentale de la FIFA.

Le calendrier joue en faveur de la prudence. La FIFA n’ouvre généralement le processus de candidature que six à huit ans avant l’événement, ce qui situe la véritable bataille diplomatique autour de 2030-2031. D’ici là, la déclaration de Marina Ferrari sert surtout à poser un jalon politique : montrer que la France est dans la course avant même que la course ne commence.

Ce qu’il faut retenir avant l’ouverture officielle du dossier

Trois éléments sont à surveiller dans les prochains mois. D’abord, une réponse officielle de la Fédération allemande (DFB) et du gouvernement allemand, sans laquelle le projet reste unilatéral. Ensuite, la position de la Fédération française de football, qui devra porter techniquement la candidature. Enfin, le feu vert de l’UEFA, indispensable pour qu’un projet européen soit soutenu d’une seule voix face aux instances de la FIFA.

En attendant, la Coupe du Monde 2026 monopolise l’attention avec ses 48 équipes et ses 104 matchs répartis entre trois pays. C’est d’ailleurs le nouveau format à 48 sélections qui rend une organisation conjointe presque incontournable : très peu de pays peuvent seuls fournir 16 stades, les infrastructures de transport et les camps de base nécessaires. Le tandem franco-allemand, lui, le pourrait sans construire un seul stade neuf.

FAQ

La France est-elle officiellement candidate à la Coupe du Monde 2038 ?

Non. La ministre des Sports Marina Ferrari a seulement salué l’idée d’une candidature commune avec l’Allemagne lors d’une interview sur Sud Radio le 23 juillet 2026. Aucun dossier n’a été déposé auprès de la FIFA et aucune décision formelle n’a été prise par la Fédération française de football.

Pourquoi parle-t-on de 2038 et pas d’une édition plus proche ?

Parce que les trois prochaines éditions sont déjà attribuées : 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, 2030 à l’Espagne, au Portugal et au Maroc avec trois matchs en Amérique du Sud, et 2034 à l’Arabie saoudite. 2038 est donc la première fenêtre réellement ouverte à un projet européen.

Quels stades français pourraient accueillir des matchs en 2038 ?

Les candidats naturels sont le Stade de France, le Vélodrome de Marseille, le Groupama Stadium de Lyon, le stade Pierre-Mauroy de Lille, l’Allianz Riviera de Nice, le Matmut Atlantique de Bordeaux et le Parc des Princes. La plupart ont été rénovés ou construits pour l’Euro 2016 et répondent déjà aux standards internationaux.

Quand la FIFA désignera-t-elle le pays hôte de 2038 ?

Aucune date n’a été fixée. La FIFA ouvre généralement son processus de candidature six à huit ans avant l’événement, ce qui placerait la désignation autour du début des années 2030. La procédure exacte sera annoncée par le Conseil de la FIFA.

La France a-t-elle déjà organisé la Coupe du Monde ?

Oui, à deux reprises : en 1938 et en 1998, année du premier titre mondial des Bleus après la victoire 3-0 contre le Brésil en finale au Stade de France. L’Allemagne a de son côté accueilli l’épreuve en 1974 et en 2006.

By sasha

Sasha est rédacteur football et analyste de matchs pour la Coupe du monde 2026. Spécialiste des tactiques, de la forme des équipes et des marchés de paris, Sasha décrypte chaque match, les compositions probables et les cotes pour aider les lecteurs à suivre le tournoi avec un vrai avantage.

Related Post

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Pronostics IA Coupe du Monde 2026