
Une Coupe du Monde à 64 équipes n’est plus une hypothèse de couloir. Gianni Infantino, président de la FIFA depuis 2016, a ouvertement laissé la porte entamée à un format doublé par rapport à 2018. Le Mondial 2026, déjà passé de 32 à 48 sélections, servirait alors de simple étape intermédiaire. Pour l’équipe de France et la Ligue 1, l’équation est simple : plus de matches internationaux, moins de repos, et un calendrier déjà saturé qui exploserait.
Ce qu’Infantino a réellement dit
Infantino a défendu l’idée au nom des petites fédérations : sans élargissement, elles n’auraient jamais leur chance. L’argument n’est pas nouveau. Il avait été élu en 2016 sur un programme incluant précisément l’agrandissement du Mondial, promesse tenue avec le passage à 48 équipes pour 2026.
La méthode Infantino se résume à une ligne : plus, c’est mieux. Plus de tournois, plus de matches, plus de revenus. La nouvelle Coupe du Monde des clubs, les prix des billets revus à la hausse, et jusqu’à une mi-temps de finale étirée à 27 minutes et 22 secondes à la mode Super Bowl.
Ce que 64 équipes changeraient pour les Bleus
Un Mondial à 64 équipes signifierait un tour supplémentaire, donc potentiellement huit matches pour aller au bout au lieu de sept. Pour une sélection comme la France, habituée aux parcours longs, cela veut dire une charge accrue sur des joueurs qui enchaînent déjà Ligue des champions, championnat et coupes nationales.
La contrepartie sportive existe : des qualifications plus accessibles réduiraient le risque d’accident pour les grandes nations. Mais le niveau moyen de la phase de groupes baisserait mécaniquement, avec davantage de rencontres déséquilibrées avant les vrais chocs.
La Ligue 1 et les clubs face au calendrier
Les clubs français sont les premiers concernés. Un tournoi élargi allongerait la période d’indisponibilité des internationaux et raccourcirait encore l’intersaison. Les syndicats de joueurs et les ligues européennes ont déjà contesté juridiquement la saturation du calendrier imposée par la FIFA.
Pour un club comme le PSG, qui fournit plusieurs internationaux à différentes sélections, chaque semaine de tournoi supplémentaire se traduit par des joueurs revenant plus tard et plus usés en préparation.
Un projet qui reste très loin d’être acté
Aucune décision formelle n’a été prise. Le format à 64 équipes n’a pas été soumis au Conseil de la FIFA pour approbation, et l’UEFA comme la CONMEBOL ont exprimé publiquement leurs réserves. Il s’agit à ce stade d’un ballon d’essai, pas d’un calendrier officiel.
Le Mondial 2026, organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique avec 48 équipes, servira de test grandeur nature. Si l’exercice est jugé réussi financièrement, l’argument d’Infantino en sortira renforcé pour 2030.
FAQ
La Coupe du Monde 2026 se jouera-t-elle à 64 équipes ?
Non. Le Mondial 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique se disputera avec 48 équipes. L’idée d’un format à 64 concerne une édition ultérieure, et n’a fait l’objet d’aucune validation officielle.
Pourquoi Infantino veut-il élargir le tournoi ?
Son argument public porte sur l’accès des petites fédérations à la compétition. En pratique, un tournoi élargi génère aussi davantage de matches, donc davantage de droits TV et de revenus commerciaux pour la FIFA.
Combien de matches faudrait-il gagner pour être champion ?
Avec 64 équipes, un tour à élimination directe supplémentaire serait nécessaire, portant le parcours du vainqueur à environ huit rencontres contre sept dans le format à 48 équipes.
Quel serait l’impact sur les joueurs de Ligue 1 ?
Une indisponibilité plus longue pendant le tournoi et une intersaison réduite. Les internationaux reviendraient plus tard en préparation, avec un risque accru de blessures liées à l’accumulation.
L’UEFA soutient-elle ce projet ?
Non. L’UEFA a exprimé publiquement ses réserves sur un élargissement à 64 équipes, tout comme la CONMEBOL sur certains aspects. Aucun consensus n’existe aujourd’hui au sein des confédérations.