
Une Coupe du Monde U15 réunissant les 211 fédérations affiliées à la FIFA, des cérémonies organisées à Walt Disney World et un match d’ouverture entre Israël et la Palestine. Ce n’est pas un scénario de fiction, mais un projet que Gianni Infantino aurait réellement exploré avec des investisseurs privés au cours de l’année écoulée, selon des informations rapportées par la presse. Le concept, calqué sur la Little League World Series du baseball américain, aurait été discrètement mis de côté à l’approche du Mondial 2026. Vous imaginez la scène ? Des gamins de quatorze ans défilant devant le château de Cendrillon avant de jouer le match le plus politiquement chargé de la planète.
Un tournoi U15 à 211 nations inspiré du baseball américain
Le projet reposait sur un principe simple : réunir les 211 associations membres de la FIFA dans une même compétition de jeunes, sans qualification préalable. Chaque fédération, du Brésil aux îles Samoa américaines, aurait envoyé une sélection U15. Le modèle revendiqué serait celui de la Little League World Series, l’événement de baseball américain diffusé chaque été sur ESPN et qui transforme des adolescents en vedettes nationales le temps d’une quinzaine.
Sur le papier, l’argument sportif tient debout. Les U17 et U20 disposent déjà de leur Coupe du Monde, mais rien n’existe à l’échelon inférieur au niveau mondial. La question, elle, est ailleurs : qui finance un tournoi de 211 délégations, avec transport, hébergement, encadrement médical et protection de mineurs ? C’est précisément là qu’entraient en jeu les investisseurs privés approchés par la FIFA, selon les éléments rapportés.
Disney World et Israël-Palestine : le volet commercial et politique
Deux détails du blueprint commercial ont surpris. Le premier : l’organisation des cérémonies d’ouverture ou de clôture dans l’enceinte de Walt Disney World, en Floride. Le complexe dispose déjà d’ESPN Wide World of Sports, un site utilisé par la NBA pendant la bulle de 2020 et régulièrement loué pour des tournois de jeunes. L’image d’une compétition FIFA adossée à une marque de divertissement grand public en dit long sur la direction prise.
Le second détail est autrement plus sensible : une affiche d’ouverture Israël-Palestine. La FIFA a déjà été saisie de demandes de suspension de la fédération israélienne, et la Palestine dispose d’une équipe nationale affiliée depuis 1998. Faire jouer des enfants de moins de quinze ans en symbole de réconciliation relève d’un pari diplomatique que peu de dirigeants auraient assumé publiquement. Le projet aurait été enterré avant d’atteindre ce stade.
Ce que la France et la Ligue 1 auraient à y gagner ou à y perdre
La France est l’un des pays qui formeraient le mieux au monde à cet âge. Clairefontaine sélectionne ses pensionnaires à treize ans, et les centres de formation de Ligue 1, du Stade Rennais à l’Olympique Lyonnais en passant par Lille, produisent depuis vingt ans un flux continu d’internationaux. Kylian Mbappé était à Bondy puis Monaco à cet âge, Warren Zaïre-Emery signait son premier contrat professionnel au Paris Saint-Germain à seize ans.
Mais les clubs français seraient aussi les premiers à s’inquiéter. Exposer médiatiquement des joueurs de quatorze ans à l’échelle mondiale, c’est ouvrir la porte aux agents, aux offres étrangères et à une pression que peu d’adolescents supportent. La Fédération française de football et la Ligue de football professionnel défendent depuis des années un encadrement strict des transferts de mineurs, en ligne avec l’article 19 du règlement FIFA. Un Mondial U15 télévisé mondialement irait à contre-courant de cette prudence.
Pourquoi le projet a été mis de côté avant le Mondial 2026
Le calendrier explique beaucoup. La FIFA a passé les dix-huit derniers mois à absorber deux chantiers majeurs : la Coupe du Monde des clubs élargie et le Mondial 2026 à quarante-huit équipes, réparti entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. Ajouter un troisième chantier de 211 délégations relevait de l’irréalisable à court terme.
À cela s’ajoutent les obstacles réglementaires. La protection des mineurs dans le football est encadrée par des textes que la FIFA a elle-même durcis, et les législations sur le travail des enfants varient d’un pays à l’autre. Rien n’indique que le concept soit définitivement abandonné : il aurait simplement été mis en pause. Si le Mondial 2026 est un succès commercial, il faudra surveiller ce dossier de près en 2027.
FAQ
En quoi consistait le projet de Coupe du Monde U15 d’Infantino ?
Il s’agissait d’un tournoi réunissant les 211 fédérations membres de la FIFA dans une compétition de moins de 15 ans, sans phase qualificative, sur le modèle de la Little League World Series du baseball américain. Gianni Infantino aurait discuté de sa commercialisation avec des investisseurs privés au cours de l’année écoulée.
Pourquoi Walt Disney World était-il évoqué ?
Le blueprint commercial prévoyait d’y organiser les cérémonies d’ouverture ou de clôture. Le complexe floridien abrite ESPN Wide World of Sports, un site déjà utilisé pour des compétitions professionnelles et des tournois de jeunes, ce qui en fait un lieu logistiquement crédible et fortement médiatisé.
Le match d’ouverture Israël-Palestine était-il confirmé ?
Non. Il s’agissait d’une proposition figurant dans le projet commercial, pas d’une décision officielle de la FIFA. Le concept aurait été mis de côté avant toute validation, et aucune fédération concernée n’a communiqué sur le sujet.
Ce tournoi peut-il encore voir le jour ?
Rien ne l’exclut. Les informations disponibles évoquent un projet mis en pause plutôt qu’annulé, la FIFA ayant concentré ses ressources sur la Coupe du Monde 2026 à quarante-huit équipes. Un retour du dossier après le Mondial reste possible.
Quels risques un tel tournoi poserait-il pour les jeunes joueurs ?
Une exposition médiatique mondiale à quatorze ans multiplie la pression sportive, l’intérêt des agents et les sollicitations de clubs étrangers. La FIFA encadre déjà strictement les transferts de mineurs via l’article 19 de son règlement, et plusieurs fédérations européennes, dont la France, défendent une protection renforcée.