
Gianni Infantino est descendu d’un avion à Cali, et le président de la Fédération colombienne, Ramon Jesurun, l’attendait sur le tarmac. Photo, sourires, publication Instagram. Le motif du déplacement ? Pas une réunion technique : l’investiture d’Abelardo de la Espriella, nouveau président de la Colombie. Voilà à quoi ressemble aujourd’hui le quotidien du patron de la Fifa, comme le raconte le journaliste de la BBC Dale Johnson. Et la France, dans tout ça ? Elle n’est jamais très loin.
Cali, tarmac, Instagram : la scène qui dit tout
Le déplacement de Gianni Infantino en Colombie n’avait rien d’un rendez-vous de routine. Le président de la Fifa a été accueilli à l’aéroport de Cali par Ramon Jesurun, président de la Fédération colombienne de football et allié de longue date, avant d’assister à l’investiture du nouveau chef d’État colombien Abelardo de la Espriella. La photo a immédiatement été publiée sur le compte Instagram de la fédération.
Ce genre de séquence n’a rien d’anecdotique. Depuis son élection en 2016 puis ses réélections, Infantino a fait du contact direct avec les chefs d’État un outil de travail permanent. Stades, droits de diffusion, attributions de compétitions : dans le football moderne, presque tous ces dossiers passent par une signature politique quelque part.
Le paradoxe est là. Le président de la Fifa dirige une fédération de 211 associations membres, mais son agenda ressemble de plus en plus à celui d’un diplomate. Avec les avantages que cela procure… et les questions que cela soulève.
Pourquoi cette politique mondiale concerne aussi le football français
La France n’est pas spectatrice de la gouvernance mondiale du football : elle en est l’un des acteurs historiques. La Fifa a été fondée à Paris en 1904, la Coupe du Monde est née d’une idée portée par le Français Jules Rimet, et la Fédération Française de Football reste l’une des voix qui comptent au sein de l’Uefa. Ce qui se décide dans le sillage d’Infantino finit toujours par atterrir sur les pelouses de Ligue 1.
Concrètement ? Le format à 48 équipes de la Coupe du Monde 2026, l’extension du calendrier international et la multiplication des compétitions grignotent les fenêtres de repos des joueurs. Ceux qui protestent le plus fort ne sont pas les fédérations, mais les clubs et les syndicats de joueurs, en France comme ailleurs.
Pour les Bleus, l’enjeu est simple : arriver en juin 2026 avec un effectif frais. Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Aurélien Tchouaméni ou Warren Zaïre-Emery enchaînent championnat, coupes d’Europe et sélection. Un calendrier dessiné à Zurich se paie au mois de juin sur le terrain.
Ligue 1 : le calendrier international, un sujet qui fâche
La Ligue 1 vit depuis plusieurs saisons sous tension économique, entre incertitudes sur les droits TV et compression du calendrier. Chaque nouvelle compétition internationale ajoutée réduit un peu plus la marge de manœuvre des clubs français pour préparer leurs matchs et protéger leurs joueurs.
Le PSG, l’OM, l’OL ou Monaco doivent composer avec des internationaux qui traversent l’Atlantique plusieurs fois par saison. Les blessures musculaires en début de saison ne sont pas une fatalité : elles sont souvent le produit direct d’un été sans coupure.
La question posée par l’affaire colombienne est donc plus large que le protocole. Quand la Fifa devient un acteur politique global, qui défend l’intérêt sportif de base — celui d’un joueur qui a simplement besoin de trois semaines de vacances ?
Ce qu’il faut surveiller d’ici la Coupe du Monde 2026
Trois dossiers méritent l’attention des supporters français dans les mois qui viennent : la gestion du calendrier post-Mondial, les décisions de la Fifa sur les compétitions de clubs, et la manière dont les fédérations nationales pèsent — ou non — sur ces choix.
Le Mondial 2026, organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, sera le premier à 48 équipes et le plus long de l’histoire. C’est aussi le grand test de la méthode Infantino : plus de matchs, plus de pays, plus de revenus, mais aussi plus de fatigue et plus de critiques.
La France y arrivera avec le statut de favorite, comme souvent. Mais le vrai sujet, celui qui décidera peut-être du sort des Bleus, sera moins tactique que logistique.
FAQ
Pourquoi Gianni Infantino était-il en Colombie ?
Il s’est rendu à Cali pour assister à l’investiture d’Abelardo de la Espriella, nouveau président de la Colombie. Il a été accueilli à sa descente d’avion par Ramon Jesurun, président de la Fédération colombienne de football.
Depuis quand Gianni Infantino dirige-t-il la Fifa ?
Il a été élu président de la Fifa en février 2016, après la démission de Sepp Blatter, et a été reconduit depuis lors dans ses fonctions.
Ces déplacements politiques ont-ils un impact sur la Coupe du Monde 2026 ?
Indirectement, oui. L’organisation d’un Mondial à 48 équipes réparti sur trois pays exige des accords avec de nombreux gouvernements : sécurité, visas, transports, infrastructures. Les relations politiques font partie du travail de la Fifa.
En quoi la France est-elle concernée ?
La FFF est l’une des fédérations les plus influentes d’Europe, et les décisions de la Fifa sur le calendrier international touchent directement les clubs de Ligue 1 et la préparation des Bleus pour 2026.
Quelles sont les principales critiques adressées à la présidence Infantino ?
Elles portent surtout sur la surcharge du calendrier, la multiplication des compétitions et la proximité affichée avec des dirigeants politiques, jugée par certains observateurs peu compatible avec la neutralité affichée de l’institution.