Vente de parts du Mondial : la Norvège réclame la démission d’Infantino, le Mexique et l’Argentine le soutiennent

FIFA president Gianni Infantino facing the media amid calls for his resignation in August 2026

La Norvège a franchi le pas que personne n’avait osé franchir. Sa fédération réclame ouvertement la démission de Gianni Infantino, président de la FIFA, après la tentative avortée de vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Et pendant ce temps, le Mexique et l’Argentine, deux pays au cœur du football mondial, apportent leur soutien public à l’homme de 56 ans. La fracture est nette, elle est publique, et elle traverse désormais le football mondial en plein cycle du Mondial 2026. Reste une question pour le football français : où se place la FFF quand ses voisins européens choisissent leur camp ?

Ce que la Norvège reproche exactement à Gianni Infantino

La Fédération norvégienne de football demande la démission de Gianni Infantino après le projet, finalement abandonné, de céder des participations dans la Coupe du monde à des investisseurs privés. Pour Oslo, il ne s’agit pas d’un désaccord stratégique mais d’une question de légitimité : selon la position norvégienne relayée par BBC Sport le 7 août 2026, Infantino n’a plus la confiance nécessaire pour diriger l’instance.

La présidente de la fédération, Lise Klaveness, n’est pas une opposante de dernière minute. Elle critique publiquement la gouvernance de la FIFA depuis plusieurs années, notamment sur les questions de transparence et de droits humains. Sa voix pèse précisément parce qu’elle est constante, et non opportuniste.

Le point de friction est structurel. Vendre des parts du plus grand événement sportif de la planète à des capitaux privés reviendrait à transformer un bien collectif du football en actif financier. C’est ce basculement, plus que le montant en jeu, qui a déclenché la révolte.

Angleterre, Pays de Galles, Croatie, Albanie : le bloc européen qui lâche sans rompre

Quatre fédérations ont retiré leur soutien à Infantino sans réclamer son départ : l’Angleterre, le Pays de Galles, la Croatie et l’Albanie. La nuance est importante. Retirer son soutien, c’est refuser de cautionner. Demander la démission, c’est ouvrir une crise institutionnelle. La Norvège est allée un cran plus loin que tout le monde.

Cette gradation raconte l’état réel du rapport de force. Beaucoup de fédérations européennes désapprouvent, mais peu veulent porter seules le coût politique d’un affrontement frontal avec la FIFA, qui distribue les fonds de développement et attribue les places au Mondial.

À ce stade, la Fédération française de football ne figure pas parmi les fédérations ayant publiquement retiré leur soutien ni parmi celles réclamant une démission. Ce silence est en soi une position : la FFF, organisatrice historique et poids lourd de l’UEFA, attend visiblement de voir si le mouvement s’élargit.

Pourquoi le Mexique et l’Argentine défendent le président de la FIFA

Le Mexique et l’Argentine ont publiquement soutenu Gianni Infantino, et leur position s’explique par la géographie autant que par la politique. Le Mexique co-organise le Mondial 2026 avec les États-Unis et le Canada : une crise de direction à la FIFA à quelques mois du tournoi serait un cauchemar opérationnel pour un pays qui a investi dans les stades, la logistique et l’image.

L’Argentine, championne du monde en titre depuis 2022, dispose d’un capital politique considérable dans les instances sud-américaines. Son soutien envoie un signal clair à la CONMEBOL et complique l’idée d’un front mondial uni contre Infantino.

Résultat : l’opposition est aujourd’hui européenne et minoritaire, tandis que le soutien vient des Amériques. C’est exactement la configuration dont un président en difficulté a besoin pour tenir.

Quelles conséquences pour le football français et la Ligue 1

Pour la Ligue 1 et les clubs français, l’enjeu immédiat n’est pas le nom du président de la FIFA mais le modèle économique qu’il défend. L’ouverture du football mondial aux capitaux privés — via la vente de parts d’une compétition — créerait un précédent que les compétitions nationales, déjà fragilisées par les négociations de droits TV, observeraient de très près.

Le calendrier est l’autre front. Les clubs français exportent une part importante de leurs effectifs vers les sélections africaines, sud-américaines et européennes. Chaque extension de compétition FIFA — Mondial à 48 équipes, Coupe du monde des clubs élargie — se paie en semaines de récupération perdues pour la Ligue 1.

Enfin, il y a la question de la voix française. La France reste l’une des nations les plus influentes du football mondial, avec une génération de joueurs au sommet et un championnat qui alimente les cinq grands. Rester neutre dans une crise de gouvernance, c’est aussi accepter que d’autres écrivent les règles du prochain cycle.

Infantino peut-il réellement être démis de ses fonctions ?

Non, pas par une simple déclaration de fédérations. La destitution d’un président de la FIFA passe par les mécanismes statutaires de l’instance et, en pratique, par le Congrès, où chacune des fédérations membres dispose d’une voix. C’est ce système « une fédération, une voix » qui protège structurellement le pouvoir en place : les grandes nations européennes n’y pèsent pas plus que les plus petites confédérations.

Autrement dit, la Norvège peut déclencher le débat, mais elle ne peut pas déclencher un vote à elle seule. Il faudrait une coalition large, transcontinentale, et surtout un basculement d’au moins une confédération entière.

La vraie mesure à surveiller dans les prochaines semaines n’est donc pas le nombre de communiqués, mais le premier soutien perdu hors d’Europe. Ce jour-là seulement, la crise changerait de nature.

FAQ

Pourquoi la Norvège demande-t-elle la démission de Gianni Infantino ?

La Fédération norvégienne estime qu’Infantino n’a plus la légitimité nécessaire après sa tentative avortée de vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Sa présidente Lise Klaveness critique la gouvernance de la FIFA depuis plusieurs années.

Quelles fédérations ont retiré leur soutien à Infantino ?

L’Angleterre, le Pays de Galles, la Croatie et l’Albanie ont retiré leur soutien sans demander explicitement son départ. La Norvège est la seule à avoir réclamé ouvertement sa démission à ce stade.

Pourquoi le Mexique et l’Argentine soutiennent-ils Infantino ?

Le Mexique co-organise le Mondial 2026 et a intérêt à la stabilité institutionnelle avant le tournoi. L’Argentine, championne du monde en titre, pèse lourd dans le football sud-américain et son soutien limite l’isolement d’Infantino.

La Fédération française de football a-t-elle pris position ?

À ce jour, la FFF ne figure ni parmi les fédérations ayant retiré leur soutien, ni parmi celles réclamant une démission. Aucune position publique tranchée n’a été communiquée.

Cette crise peut-elle perturber la Coupe du monde 2026 ?

Rien n’indique à ce stade que l’organisation du tournoi soit menacée. La crise est politique et institutionnelle ; les pays hôtes, dont le Mexique, ont publiquement intérêt à préserver la préparation du Mondial.

By sasha

Sasha est rédacteur football et analyste de matchs pour la Coupe du monde 2026. Spécialiste des tactiques, de la forme des équipes et des marchés de paris, Sasha décrypte chaque match, les compositions probables et les cotes pour aider les lecteurs à suivre le tournoi avec un vrai avantage.

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