
C’est officiel : la Fédération portugaise de football (FPF) a mis fin au contrat de Roberto Martinez, quelques heures après l’élimination du Portugal face à l’Espagne en huitièmes de finale. Le technicien espagnol avait déjà annoncé son départ. Trois ans et demi de mandat, une génération dorée, et une sortie de route lundi soir. Vous voulez la vraie question ? Ce n’est pas « pourquoi Martinez part ». C’est : comment une sélection bourrée de talent quitte un Mondial dès le premier tour à élimination directe. Et pourquoi ce scénario devrait faire réfléchir tout le monde du côté de Clairefontaine.
Ce que la FPF a annoncé, et quand
La Fédération portugaise a confirmé la fin officielle de sa relation contractuelle avec Roberto Martinez, en poste depuis janvier 2023. L’annonce est tombée dans la foulée de la défaite en huitièmes de finale contre l’Espagne, lundi. Martinez avait déjà fait savoir qu’il quitterait ses fonctions : la fédération n’a fait qu’acter une décision prise en amont. Pas de licenciement spectaculaire, pas de communiqué vengeur. Une sortie propre, presque administrative.
Le parcours portugais ne ressemble pourtant pas à un naufrage sur le papier. Deuxième de son groupe, avec deux matches nuls (Colombie, RD Congo) et une démonstration à 5-0 contre l’Ouzbékistan. Puis une victoire contre la Croatie en seizièmes. C’est la marche suivante, face à l’Espagne, qui a tout arrêté. Deux nuls dans un groupe abordable : voilà le vrai signal d’alarme, bien avant le huitième.
Le bilan Martinez : trois ans, une génération, zéro Mondial
Roberto Martinez arrive au Portugal en janvier 2023, après six ans à la tête de la Belgique (2016-2022) et une troisième place au Mondial 2018. En club, il a dirigé Swansea, Wigan — avec une FA Cup à la clé en 2013 — puis Everton. Un CV solide. Un profil de gestionnaire d’égos, exactement ce qu’on demande à un sélectionneur assis sur un vestiaire de stars.
Et pourtant, le même reproche revient d’une sélection à l’autre. Avec les Diables Rouges, on lui a reproché de ne jamais avoir transformé un effectif exceptionnel en trophée majeur. Avec le Portugal, la critique est presque identique. Une nuance de taille, cependant : Martinez a offert à son pays d’adoption la Ligue des Nations 2025, arrachée à l’Espagne aux tirs au but. Ironie du sort, c’est cette même Espagne qui l’a poussé vers la sortie un an plus tard.
Pourquoi ce départ concerne directement l’équipe de France
Didier Deschamps a annoncé qu’il quitterait son poste après ce Mondial 2026. La France vit donc, en direct, la même séquence que le Portugal : une fin de cycle programmée, un sélectionneur sur le départ, et une génération de joueurs qui n’a plus dix ans devant elle. La différence ? Le Portugal vient de découvrir, en huitièmes, ce que coûte une transition mal préparée.
La leçon est brutale et simple. Un effectif de classe mondiale ne compense jamais un projet de jeu flou. Le Portugal a aligné du talent à chaque poste et s’est fait sortir par une Espagne plus lisible, plus collective, plus identifiable dans ses intentions. Pour la FFF, la question de la succession de Deschamps n’est pas « quel grand nom ? » mais « quelle idée de jeu ? ». Le cas Martinez vient de le rappeler à ses dépens.
Et Cristiano Ronaldo dans tout ça ?
À 41 ans, Cristiano Ronaldo disputait un Mondial de plus sous les ordres de Martinez, qui n’a jamais tranché frontalement la question de son statut. Titulaire indiscutable ou joker de luxe ? Le sélectionneur a navigué entre les deux, et cette ambiguïté a pesé. Gérer une icône, c’est un métier à part entière. Martinez l’a appris avec Hazard en Belgique. Il l’a revécu avec Ronaldo.
Le prochain sélectionneur portugais héritera d’un dossier explosif : bâtir autour de Bernardo Silva, Vitinha, Rafael Leão et Bruno Fernandes, sans blesser une légende nationale. Un exercice d’équilibriste que la France connaîtra bientôt, à sa manière, avec sa propre hiérarchie interne. Les fins de cycle ne se gèrent jamais avec un communiqué.
Qui pour remplacer Martinez sur le banc portugais ?
La FPF n’a communiqué aucun nom au moment de l’officialisation du départ. Toute liste de successeurs relève, à cette heure, de la spéculation médiatique et non d’une information fédérale. Ce qui est certain : le poste est l’un des plus attractifs du football international, avec une qualification à venir pour l’Euro 2028 et un effectif encore jeune sur les lignes offensives.
Le calendrier joue en faveur de la fédération. Un Mondial d’été laisse plusieurs mois avant le retour des matches à enjeu. Assez de temps pour choisir un projet plutôt qu’un pompier de service. Le Portugal a déjà réussi cette bascule une fois : en 2016, un sélectionneur discuté, Fernando Santos, a soulevé l’Euro. Le talent ne suffit pas. La méthode, si.
FAQ
Pourquoi Roberto Martinez quitte-t-il le Portugal ?
La Fédération portugaise (FPF) a officiellement mis fin à sa relation contractuelle avec Roberto Martinez après l’élimination du Portugal en huitièmes de finale du Mondial 2026 face à l’Espagne. Martinez avait déjà annoncé lui-même son intention de quitter le poste.
Depuis quand Martinez entraînait-il la sélection portugaise ?
Roberto Martinez dirigeait le Portugal depuis janvier 2023, soit environ trois ans et demi. Avant cela, il a été sélectionneur de la Belgique de 2016 à 2022, avec une troisième place au Mondial 2018.
Quel a été le parcours du Portugal à la Coupe du Monde 2026 ?
Le Portugal a terminé deuxième de son groupe, avec des matches nuls contre la Colombie et la RD Congo et une victoire 5-0 face à l’Ouzbékistan. La sélection a ensuite battu la Croatie en seizièmes de finale avant de tomber contre l’Espagne en huitièmes.
Ce départ a-t-il un lien avec l’équipe de France ?
Aucun lien direct. Mais le cas portugais fait écho à la situation française : Didier Deschamps a annoncé qu’il quitterait la sélection après le Mondial 2026. Les deux fédérations gèrent en parallèle une fin de cycle avec une génération de joueurs à renouveler.
Qui va remplacer Roberto Martinez ?
Aucun nom n’a été communiqué par la Fédération portugaise au moment de l’annonce du départ. Les noms qui circulent relèvent pour l’instant de la spéculation et non d’une confirmation officielle de la FPF.